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Comment bien respirer ?


Bouddha : "Quand tu inspires, inspire par tout le corps; quand tu expires, expire par tout le corps"

Une bonne respiration procure un bien-être

Pour s’en rendre compte il suffit de penser au plaisir que l’on éprouve à réaliser une grande inspiration au bord de mer, à la montagne en haut d’une piste, ou au soulagement que procure un bâillement. Mais il arrive parfois qu’en voulant prendre une grande respiration on se sente bloqué, avec un impression de manquer d’air ou d’être oppressé.

Le diaphragme est le principal muscle de la respiration. Il est innervé par le nerf phrénique qui émerge entre la 3ème et 4ème vertèbre cervicale (mais il est également sous la dépendance du système nerveux central au niveau du bulbe rachidien). Le diaphragme s’insère sous les côtes, de chaque côté par ses coupoles musculaires, et au centre par ses piliers qui descendent au niveau des 3ème et 4ème vertèbres lombaires. Le centre phrénique (centre du diaphragme) est une portion membraneuse plus rigide qui s’insère à  l’intérieur du thorax et qui est en continuité avec les puissants ligaments du coeur et de plusieurs viscères (foie, estomac, reins, rate, pancréas, intestin). Lors des phases d’inspiration et d’expiration, il va descendre et monter au sein du caisson thoraco-­abdominal. Son mouvement va permettre le « massage » des viscères situés en dessous, ainsi qu’une stimulation du système artério­‐veineux pour une meilleure oxygénation du corps.

Lors de l’inspiration, le diaphragme se contracte. Le centre du diaphragme descend, créant ainsi une dépression dans la cavité thoracique, les poumons se remplissent d’air, et les côtes de chaque côté s’écartent pour augmenter le diamètre transversal du thorax. Cette augmentation de volume thoracique va repousser les viscères abdominaux vers le bas et le ventre se gonfle.

Lors de l’expiration, le diaphragme se relâche et remonte, aidé par les muscles abdominaux qui se contractent, et qui repoussent les viscères vers le haut contre le diaphragme. La pression dans la caisson thoracique augmente ce qui entraine passivement l’expulsion de l’air par la bouche et le nez.

Cette ventilation est essentielle pour permettre les échanges gazeux au niveau des poumons, c’est­‐à-­dire pour permettre au corps de s’approvisionner en oxygène et de se débarrasser du gaz carbonique produit par le fonctionnement des cellules.

Respiration abdominale - thoracique - pharyngée

Il faut noter que très souvent nous respirons seulement avec une très petite zone de notre cage thoracique. Pourtant il existe trois caissons aériques pour lesquels nous pouvons faire varier les  volumes de pression : caisson abdominal, caisson thoracique et caisson pharyngé.

Une bonne respiration va nécessier la participation de ces 3 caissons > les 3 respirations.

On parlera de respiration abdominale, de respiration thoracique basse ou haute (respiration accessoire) et de respiration pharyngée.

Un nouveau né respire spontanément par le nez et avec son ventre. Cette respiration abdominale et nasale est souvent perdue au fil  du temps.

Il est à noter que spontanément on a tendance à se replier physiquement sur soi-­même : c’est l’effet de la  pesanteur, les années qui passent , la fatigue, le stress, les complexes physiques, les allergies respiratoires, les séquelles de chocs et de traumatismes physiques et émotionnels. Le dos se voute : la cyphose thoracique augmente sa courbure, la colonne vertébrale a alors tendance à s’enraidir. Les côtes qui s’accrochent aux vertèbres thoraciques et forment la cage thoracique vont également s’enraidir et de ce fait manquer de mobilité.

Il existe également des personnes ayant des terrains d’allergies respiratoires et/ou d’asthme, pour lesquels le type de respiration, et donc la capacité pulmonaire, aura de grande répercussion sur leur quotidien, leur qualité de vie, leur posture. Leur corps s’adaptera à ces mécanismes de ventilation au détriment d’une certaine souplesse articulaire. De  plus, il ne faut pas oublier que le plexus  solaire, où siège le centre des émotions, est situé dans cette région et prédispose de ce fait le diaphragme à accumuler destensions  lorsqu’on vit un problème émotionnel.

Le muscle diaphragme va ainsi se retrouver compressé, ses amplitudes  de mouvement seront limitées.  De plus, l’oesophage, l’aorte  et le système nerveux autonome passent  directement par le centre phrénique du diaphragme. Lorsque celui‐ci est tendu, il crée une tension indésirable au niveau des orifices par lesquels passent ces « tuyaux  » importants et perturbe alors leur fonctionnement normal.

Signes cliniques fréquemment rencontrés lors d’une mauvaise respiration :

  • des sensations d’oppression
  • une sensation de respiration limitée : douleur au niveau des côtes
  • un manque d’air
  • un hoquet fréquent
  • une sensation de boule dans la gorge
  • une fatigue chronique – trouble du sommeil – apnée nocturne
  • des problèmes de digestion
  • des tensions cervicales et dorsales
  • des reflux gastro­‐oesophagiens
  • des pathologies O.R.L à répétition
  • des phénomènes de palpitation, d’arythmie cardiaque
  • des maux de tête

Respiration nasale VS respiration buccale

La respiration normale correspond à une respiration « nasale » qui se caractérise par :

  • une bouche fermée
  • des mâchoires  relâchées (les dents  ne se touchent pas)
  • et  une langue collée  au palais,  l’extrémité posée  sur l’arrière des incisives supérieures.

Cette position de repos, chez l’adulte, permet, avec la mastication et la déglutition, le développement du massif facial.

Mais une grande partie de la population respire, non plus par le nez, mais par la bouche. On parle de respiration buccale. Elle se repère notamment par les lèvres (souvent) entrouvertes et une bouche sèche le matin. Elle toucherait près de 55% de la population (enfants et adultes).

L’origine de cette adaptation de respiration est complexe : mauvaise position­‐proportion de la langue (dès le plus jeune âge), rectitude cervicale avec pharynx trop étroit, hypertrophie des amygdales… (Elle serait due à une déformation nasale dans 20% des cas, et dans 80% des cas, elle serait due à une dysfonction linguale).

La respiration buccale vient de l’obstruction des voies nasales. L'enfant (et l’adulte) se met rapidement à respirer par la bouche, contrairement au nourrisson qui respire, presque toujours, par le nez.

Quand la personne respire par la bouche, les germes et les particules ne sont pas filtrés par le nez et pénètrent plus facilement dans l’organisme. Il en découle des risques d’infection de la gorge, du nez, des oreilles (rhinites, rhinopharyngites, sinusites, otites…), des bronches et poumons, y compris des crises d’asthme.

De plus, une respiration buccale, même partielle, a des répercussions importantes sur le développement du visage. Le passage de l’air par la bouche va entrainer une posture reculée de la langue avec une croissance verticale du visage et une réduction de la taille des  voies aériennes supérieures (à l’arrière de la cavité buccale). Elle favorise alors l’apparition de troubles du sommeil : ronflements, apnées du sommeil

La respiration buccale favorise aussi les caries et la mauvaise haleine. En effet, la bouche desséchée n’a plus assez de salive pour nettoyer les résidus d’aliments, et donc les bactéries, après le repas, même après le brossage des dents. Ce qui reste coincé favorise l’apparition de caries. Les bactériesprolifèrent et les résidus restants vont se décomposer et engendrer une haleine nauséabonde.

Enfin, la respiration buccale et un palais étroit ont des répercussions sur la posture, car la langue s’accroche à la base du crâne. Afin de compenser les difficultés de respiration, on aura tendance à se pencher vers l’avant pour ouvrir le pharynx et mieux respirer.

De nombreux mécanismes compensatoires se mettent en place, notamment l'augmentation des rythmes respiratoire et cardiaque. Cette nouvelle stratégie de respiration va alors s’installer au détriment d’une respiration physiologique nasale qui permettait une meilleure oxygénation du corps, un meilleur refroidissement / réchauffement de l’air, une meilleure digestion, un sommeil plus reposant, sans tensions musculaires ni douleurs articulaires en réponse.

Signes cliniques fréquemment retrouvés chez l’enfant respirateur buccale :

  • Pathologies O.R.L, bronches / poumons
  • Troubles du sommeil
  • Déficits psychomoteurs (lié aux troubles du sommeil, au déficit de thermo‐régulation cérébrale et aux micro-­‐réveils répétés).
  • Fatigue matinale
  • Yeux cernés
  • Somnolence diurne
  • Troubles du comportement et du caractère
  • Problème postural
  • Défaut de mémoire et d'attention
  • Difficultés scolaires ­‐ dyslexie
  • Cauchemars -­ sueurs abondantes ­‐ réveils en sursaut
  • Enurésie

Traitement ostéopathique

Il permettra de redonner de la mobilité au rachis cervicale (émergence du nerf phrénique), au rachis thoracique, et aux côtes (insertion musculaire du diaphragme).

Il permettra de retrouver une posture souple et équilibrée, d’ouvrir la cage thoracique, et de détendre le muscle diaphragme. Votre ostéopathe saura vous montrer les différents types de respiration et comment les travailler. Vous pourrez ainsi mieux respirer.

Après la séance, vous vous sentirez détendus, relâchés, les tensions musculaires levées, une meilleure mobilité vertébrale, un transit digestif plus aisé, et surtout une capacité respiratoire plus grande.

Le yoga, le pilate, vous aideront aussi à mieux prendre conscience de votre respiration et de votre posture, et à l’améliorer. N’hésitez pas à vous renseigner sur ces pratiques et leurs nombreux bienfaits.

Traitement ostéopathique spécifique chez l'enfant :

Chez l’enfant, les problèmes de respiration peuvent être due : à des dysfonctions linguales, à des allergies, à des pathologies O.R.L chroniques, à de l’asthme, au port d’un appareil dentaire, ainsi qu’à des troubles de la posture. La stratégie de respiration qui se met alors en place se fera au détriment d’une position physiologique de la langue au repos. Le positionnement de la langue, les contraintes intra-­‐buccales engendrées par elle, sont responsables de la croissance du massif facial et du système O.R.L.

Des troubles de la respiration / ventilation, sont souvent liés à des troubles de la déglutition. D’importantes conséquences dues au mauvais positionnement de la langue apparaitront avec le temps.

Un diagnostic et une prise en charge précoce des dysfonctions linguales et d’une respiration buccale seront nécessaires pour une croissance adulte « correcte ».

L’approche ostéopathique permettra un bilan postural, ainsi qu’un traitement au niveau de l’extrémité céphalique (suture crânienne – os temporal – os sphénoïde ­‐ trompe d’Eustache -­‐ mâchoires), au niveau du rachis cervico­‐dorsal et du diaphragme.

Une approche pluridisciplinaire sera également proposée avec :

  • un orthodontiste,
  • un O.R.L,
  • un orthophoniste,
  • un psychomotricien,
  • un kiné maxillo-­‐faciale,
  • un podologue (le port de semelles proprioceptives pourrait s’avérer intéressantes selon le stade de développement de l’enfant, afin de l’aider à régler sa posture (et donc sa respiration)